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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 19:05

Bonjour,

voilà déjà un mois que j'ai fais le marathon de la Jungfrau; et deux mois que je n'ai plus publié sur ce blog! Il faut que je me rattrape! Au niveau des articles, j'entends, car pour les courses, l'hiver venant...

Le marathon de la Junfrau: c'est le sujet du jour. C'est une course très très connue en Suisse, plus par les Suisses allemands que les romands, il faut bien le dire. Les romands ont tort, car à mon avis, mis à part le marathon de New York et les grands trails (UTMB et Réunion), c'est une des trois plus belles épreuves que j'ai faites jusqu'à maintenant.

Profil

Le profil.

Nombre de concurrents finishers: 3'244 hommes + 792 femmes = 4'036 arrivant. Je ne connais pas le nombre d'abandons, mais il manquait pas mal de monde au départ, ce qui est étrange, vu qu'il était impossible d'avoir une meilleure météo! 2324 Suisses ont rallié l'arrivée. Par pays, parmi nos voisins, sont Finishers:

- 949 Allemands;

- 104 Autrichiens;

- 98 Italiens;

- 73 Français;

- 43 Belges (voisins de coeur...);

- 7 Lichtensteinois.

De cette liste il ressort que les Français sont sous-représentés, car Interlaken est plus proche de la France que de l'Autriche ou encore la Belgique. Mais sortez donc de l'hexagone!!!

Le 10 septembre 2010, nous partons donc en voiture de la maison jusqu'à Ringgenberg, petit village au bord du lac de Brienz, au coeur de l'Oberland bernois.

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Joli chalet, juste en face de notre hôtel.

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L'hôtel est situé juste au dessus du lac de Brienz.

Pour les amis de la Réunion, on traduira 'Oberland' par 'Les Hauts'. Nous déposons nos bagages à l'hôtel et partons ensuite pour Interlaken, en train et à sept kilomètres de là. Nous nous rendons à la réception des dossards et c'est le premier choc: le village marathon est installée dans un cadre somptueux: le Casino-Kurshall de la ville. Ca change de certains complexes sportifs plus ou moins décatis qu'il m'a été donné de voir dans d'autres lieux d'Europe!!!

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Le casino d'Interlaken.

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Le parc du casino ou pas mal de monde fait bronzette.

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L'intérieur.

Une enfilade de salons avec lustres de cristal nous mène jusqu'au sésame de la course. Je n'ai jamais vu d'expo avec autant de marques de chaussures et équipements de toutes sortes que dans cet endroit, sur une surface d'au moins 2'000 mètres carrés.  Les organisateurs de courses sont aussi là, dont ceux du défi du Val-de-Travers. Quand à la pasta party, elle se déroule dans l'une des salles du casino, sous les lambris d'une très belle salle. On a l'impression d'une course d'aristos... Pendant ce temps se déroulent au dehors diverses courses pour les enfants.

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La pasta party. British, la moustache!

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Le cadre est vraiment somptueux, un vrai petit Versailles!!!

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L'embarras du choix, je n'ai jamais vu une boutique marathon aussi magnifique.

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Convaincus?

Il est temps de trouver ou se sustenter. Pour moi, cela sera un risotto, j'en ai un peu marre des pâtes... Après cela, nous regagnons notre hôtel, en car postal, cette fois. Je prépare mes effets pour le lendemain, puis dodo. Le lendemain matin, l'hôtelier a prévu le petit déj dès 06h30. Ainsi, pas trop de stress. Nous partons ensuite pour Interlaken, de nouveau avec le bus postal. Nous arrivons sur le lieu du départ un peu après 8 heures du matin, le départ ayant lieu à 9 heures. Nous avons donc le temps d'aller boire un thé dans un bar.

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Thé et concentration.

Il est vrai que s'il fait très très beau, la température ne dépasse pas 10 degrés. Cela me réjouit, car ainsi il ne fera pas trop chaud durant la montée. Et il n'y aura pas non plus de neige sur le parcours, comme cela arrive certaines années!

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L'arche de départ et le sponsor principal...

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C'est par là...

L'endroit est très animé. Le départ a lieu devant l'hôtel Victoria, fleuron du tourisme de la ville (5 étoiles.) Cet hôtel figure parmi d'autres, presque autant luxueux. Rien à envier à la place Vendôme! Il y a aussi énormément de touristes, la plupart asiatiques. Pour un onze septembre, je suis quand même surpris.

Voilà que l'heure du départ est arrivée. Je me suis fixé 5h30. Il faut savoir que j'aurais 1'825 mètres de D+ pour 285 mètres de D-, pour 42,196 kilomètres.

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5, 4, 3, 2, 1 ...

PAN! Le départ est donné.

001 Départ

Je vais déjà tellement vite que la photo en est trouble... (2).

Les photos marquées de (2) ont été achetées.

C'est le ministre des sports qui a pressé sur la détente. Le départ est très rapide. Les premiers kilomètres se courent sur le macadam, au plat. Après un km, je jette un regard à mon chrono, je fais du 13 km/heure! Bien trop rapide pour moi. Je me force à ralentir et je me cale sur 10-11 km/heure. Je me fais passablement dépasser. C'est normal, puisque je suis parti trop vite. Bientôt, je me trouve dans le groupe courant à mon rythme. Les premiers kilomètres sont plats, la ville d'Interlaken ('entre les lacs') étant située sur le fond d'une vallée jadis creusée par un glacier 'préhistorique'.

002 KM5

Au kilomètres 5, le tempo est encore rapide (2).

Les photos marquées de (1) ont été prises quelques semaines avant la course, lors d'une reconnaissance faite en solo.

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Sur la route de Madison? (1)

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Au loin, la neige nous appelle... (1)

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Les torrents ne sont pas à sec! (1)

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Le bois pour l'hiver est prêt! (1)

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Et il est bien rangé, n'est-ce pas? (1)

Après 15 kilomètres, nous arrivons à Zweilutschinnen. C'est à partir de cet endroit que la dénivelé commence vraiment. Il y a des ravitaillement presque tous les 5 km, tous les 10 avec du solide. De ce point de vue, pas grand choses à voir avec un trail. Dans la mentalité des concurrents non plus! Si quelqu'un n'est pas bien sur le bord du chemin, personne ne s'arrête! C'est pas sur le trail que l'on verrait cela. J'arrive à Lauterbrunnen, au km 20 à 11h14, j'ai 19 minutes de retard. Je me demande bien ou j'ai pu perdre du temps! Au classement, je suis 464ème (de ma catégorie).

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A Lauterbrunnen, la foule est dense.

La météo est superbe, même s'il fait un peu frais dans les endroits ombragés. On traverse de superbes villages de montagnes, avec de beau chalets bien fleuris. Les cloches des vaches nous bercent et tout ce romantisme, toute cette beauté que j'admire, voilà peut être la raison de mon retard...

003 Lauterbrunnen

Lauterbrunnen (2).

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Traversée du village (je suis au milieu de la photo).

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Un petit coucou à la photographe de service et je repars.

Après Lauterbrunnen, on fait une boucle de 2-3 kilomètres au plat et c'est la partie de la course que j'aime le moins.

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Le paysage est toujours autant magnifique.

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Ferme oberlandaise typique avec les cloches de vaches et les fleurs!

Ensuite, on repart pour la montée. On passe de 1'024 mètres (Lauterbrunnen) à 1'274 mètres (Wengen) en six kilomètres. Il y a des portions très raides, mais très courtes et j'arrive à Wengen (village sans voitures) à 12:42.41. Mon retard s'est donc stabilisé. Entre Lauterbrunnen et Wengen, j'ai fais le 457ème chrono et c'est également mon rang actuel. On dirait que les purs marathoniens ont de la peine à la montée... Wengen est le dernier village traversé. C'est une station de montagne mondialement connue, puisque c'est le lieu d'arrivée de l'une des trois grandes descentes de ski alpin ('Le Lauberhorn') avec Kitzbüehl et Val Gardena.

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La petite gare de Wengen. (1)

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Malgré la foule, je retrouve ma photographe préférée.

Les chemin sont maintenant véritablement montagnards, monotrace. Il fait toujours très beau et pas trop chaud.

Depuis Wengen il y a un panneau annonçant la distance parcourue tous les 250 mètres. D'abord, je me suis dis que ça allait me lasser, mais finalement, je trouve plaisant de diviser le parcours en petites tranches et tout se passe bien.

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Wengen est déjà derrière moi.

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Le train reliant Wengen à Kleine Scheidegg.

DSCN0580Après les chemins monotrace, le sentier s'est élargi. Ceci  pour permettre aux touristes montant en train de se balader sans trop d'efforts...

 J'arrive au lieu dit Wixi  (1'830 mètres), après avoir dépassé Wengeralp. J'ai fais le 434ème chono sur les 7,6 km qui séparent Wixi de Wengen. Je remarque bien que je rattrape et dépasse du monde depuis Wengen. Je suis actuellement 452ème de ma catégorie.

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Il fait vraiment très, très beau!

Depuis Wixi, il faut monter jusqu'au point culminant de la course, à 2'205 mètres d'altitude. Il reste 4,3 km, dont trois de montée très raide, en file indienne.

Montée Wixi

La montée depuis Wixi.

005 Fin montéeFin de la montée de presque deux kilomètres, je cherche de l'oxygène (2).

Plus personne ne court, le souffle est court. C'est là que je donne le meilleurs de moins même, puisque sur ce tronçon je fais le 375ème chrono et que mon rang final dans la catégorie sera le 443ème dans et le 2'768ème au scratch. Le dernier km est d'ailleurs en descente. C'est l'occasion de reprendre encore quelques concurrents, avant de m'étaler de tout mon long. J'aurais pu faire cela sur le parcours, dans l'herbe tendre d'un pâturage ou paissent les vaches, loin des regards. C'est compter sans mon égo, mon envie d'être vu... Je me casse donc la g... devant la foule, sur un chemin bien caillouteux et en pleine vitesse. Un coude et un genou abîmés, je me relève après quelques instants et après que la crampe qui vient de se déclencher dans les mollets s'en aille. Et voici l'arrivée, avec la foule des grands jours. On se croirait sur les Champs-Elysées le 14 juillet... enfin, presque.

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La petite gare de Kleide Scheidegg, avec une foule immense, touristes, coureurs et accompagnants confondus.

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Il y a tellement de touristes Japonais que des trains spéciaux sont organisés uniquement pour eux. (1)

006 Fin montéeOn arrive au 'plat' (2).

007 ArrivéeEt on peut relancer la machine (2).

008 ArrivéeJe me suis relevé, plus que 500 mètres (2).

009 ArrivéeJe vais autant vite que je peux, je suis en manque d'oxygène (2).

010 ArrivéeOn y est... (2).

011 ArrivéeEt soudain, je me prends pour Pégase, mes pieds ne touchent même plus le sol, je vole... (2).

Au final, je termine le parcours en 6 heures et 9 minutes,

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Et nous attendons le tarin du retour. Quelle belle journée!!!

Un des points forts de ce marathon, c'est son animation le long du parcours. Il y a des fanfares municipales (les Suisses alémaniques sont de très bons musiciens), des steel bands (musiciens locaux également), des joueurs de cors des Alpes, des lanceurs de drapeaux, des cliques et même, un kilomètre avant l'arrivée, un joueur de cornemuse.

CorsCors des Alpes et lanceurs de drapeaux.

Cornemuse.jpg1 kilomètre avant l'arrivée... Il est là chaque année, par n'importe quel temps!

Pour info, "The Ultimate Guide to International Marathons » a décerné au Jungfrau Marathon le titre du « Plus beau marathon du Monde»

A bientôt

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Published by Jean-Louis - dans running
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