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5 septembre 2005 1 05 /09 /septembre /2005 00:00
Je termine le récit de mon Trail à Chamonix. 

Jeudi 25 août 2005: la course approche et aujourd'hui, il s'agit de 'lever le pied'. Nous
montons en télécabine à Planpraz (1950 mètres d'altitude), puis nous montons à pied
au col de Brévent (2368 mètres d'altitude).  Il s'agit d'une petite excursion, mais après
coup, je pense que cela m'a coûté de l'énergie pour la suite, tout comme celle de hier
à Voza... C'est le métier qui rentre.


Col du Brévent

L'après-midi, je suis allé au centre sportif de Chamonix toucher mon dossard et faire
contrôler le contenu de mon sac. Il y a du matériel obligatoire et le contrôle est très strict,
à juste titre.

Vendredi 26 août 2005: cette fois, c'est le grand jour. Il s'agit de rester le plus possible
tranquille jusqu'au départ à 19 heure. Cela fait plusieurs jours que l'aménagement de la
place de l'Amitié, devant mon hôtel, me conditionne.


L'arche de départ... et d'arrivée!!!


Chamonix pavoise, le départ est imminent!

Le matin, nous sommes allé faire un tour au centre sportif, histoire de prendre la
température. Rien à signaler. J'ai cependant pu échanger mon sac à dos Raidlight
récemment acquis à Thonon-les-Bains. Il avait un problème de fermeture éclair qui
aurait pu être très pénalisant. Merci encore à Raidlight. Je suis un peu déçu par le
village' des coureurs: trop exigu, à l'intérieur, coincé avec les files de coureurs venant
chercher leur dossard. L'après-midi, je reviens apporter au centre sportif les deux
sacs d'effets que je suis censé retrouver à Courmayeur et à Champex.

19 heure, le départ: enfin!!! Le poids que j'ai sentis toute la journée sur l'estomac
s'en est allé comme par miracle. Il fait beau temps et selon le responsable de la
sécurité, on ne devrait pas avoir trop de problèmes avec la météo, si ce n'est
quelques averses éparses. La première tranche entre Chamonix et les Houches
se déroule conformément à mes prévisions. Déjà 8 km d'avalés! Et il fait (encore)
beau temps!

Beau temps, belle neige.


Le public est ravi, nous aussi!

Cela discute encore beaucoup dans le peloton, même dans la montée sur Voza. On
m'a reproché au début de ce blog de ne pas mettre assez de photos. En voici une série
faite durant la montée sur Voza. Rien que pour ça, cela valait la peine de faire cette
course démente.












Pas de commentaire, il suffit de regarder!

La nuit est maintenant tombée et la course se poursuit durant la nuit.



Ci-dessus, une idée du profil de la course: 158,1 km, 8639 D+/-.

Le tronçon suivant, jusqu'aux Contamines s'est également déroulé sans anicroches.
J'ai seulement été un peu irrité par toutes les personnes qui marchaient... à la descente! Visiblement, elles n'avaient jamais couru la nuit. L'étroitesse du chemin ne permettait pas de dépasser et parfois, on était carrément arrêtés! Il y a aussi de véritables dangers publics manipulant leurs bâtons n'importe comment.


Ci-dessus, le tracé vu du dessus.

La montée sur le Col du Bonhomme me laisse l'un des plus beaux souvenirs de
cette épopée: un ruban de lucioles montant à l'assaut du col devant moi et un autre
ruban me suivant dans cette conquête. Le tout sur 2-3 km et moi au milieu: féérique!!! Malheureusement, je n'ai pas de photo de ces instants. Si un autre participant me
lit et peux me 'prêter' une image
, je suis preneur!

Le tronçon entre Les Chapieux et La Ville-des-Glaciers est assez ennuyeux: il s'agit
d'une montée continue sur 4,5 km avec 250 mètres de D+, sur le macadam. S'en
suit une puissante montée jusqu'au Col de la Seigne, marquant la frontière entre la
France et l'Italie et toujours dans la nuit. Je pensais arriver à ce col avec le lever du
soleil, malheureusement le ciel italien est voilé. Dommage, car la vue plongeante
sur le vallon de la Lée Blanche est faramineuse. Tous se déroule selon mes
prévisions jusqu'à Courmayeur ou j'arrive cependant avec 69 minutes de retard
sur mon plan de marche. Arrivée: 10h34 (au lieu de 9h25) , barrière horaire 13h00.
J'avais prévu de repartir à 11h50, après une bonne pause. Je modifie mon plan et
décide de repartir au plus tard à 12h00, après douche et changement d'habits.
J'arrive même à être prêt plus vite, mais soudain, je ressens un gros coup de bambou,
des sueurs froides, etc. Je m'allonge une vingtaine de minutes et tout rentre dans
l'ordre. Je ne comprends pas ce léger malaise, car je me suis bien ravitaillé tout le
long. Mystère... Finalement, je repard du poste vers 12h15. Pas de panique, même
si je n'ai plus que 45 minutes de marge!!!

                    
Cette deux photos ont été prises quelque part entre entre le refuge Elisabetta et
Courmayeur. Je n'ai pas l'air très frais et pourtant j'étais encore en bonne forme
à ce moment là.


A peine reparti de Courmayeur (les habitants de cette localité ne sont absolument pas
intéressés par l'événement...), voila qu'il se met à pleuvoir. Flûte. S'en suit la montée
au refuge Bertone. C'est le premier tronçon que je ne connais pas. La montée est très
dure, raide et longue. La beauté du paysage compense. Le Val Ferret italien est très
beau, encore très sauvage. La pluie s'installe et devient persistente. Je commence à
avoir froid. Le refuge Bonatti est dépassé et enfin arrive Arnuva, ou je compte me
restaurer et surtout me changer. Je suis mouillé, habillé en court et la nuit va bientôt
venir. Arrivé à cet endroit à 17:00, j'ai 2 heures de marge sur la limite horaire. Le Grand
Col Ferret est à 4,6 km et 750 mètres de D+. Le plus dur est fait. Mais à ce moment là,
faute de consulter mon road-book, je ne le sais pas. Le ravitaillement d'Arnuva consiste uniquement en boisson et un peu de solide. Je pensais trouver un local pour me
changer. Hélas, il y a même pas un coin pour poser mon sac au sec. Je m'énerve
t je décide... de m'arrêter là, soit après 88.7 km de course et 5'337 mètres de D+,
ce qui donne 142 km effort, soit l'équivalent de 3,36 marathons consécutifs ou 1,54
Défis du Val-de-Travers (pour ceux qui connaissent). C'est sur que j'ai franchi un
cap, en devenant un 'trailer'. Donc, contrat remplit, mais pour devenir un 'ultra-trailer',
il faudra revenir, et pas plus tard que l'année prochaine!!!

Les raisons de l'arrêt sont: le froid, la fatigue, le manque de lucidité, la dépense
d'énergie des jours précédent la course, la solitude... Et oui, si je m'étais allié à
un autre concurrent, à Arnuva, j'aurais eu le coup de pouce nécessaire à me
remonter le moral. Je suis donc à la recherche d'un/e partenaire pour 2006,
avec le but de terminer en 40-42 heures! Prenez contact! Je donnerai des
conseils pour l'entrainement!!!


A bientôt.


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Published by Jean-Louis - dans running
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