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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 21:11
Bonjour,

nous nous sommes quitté 12 jours avant ma course, LA course, Courmayeur-Champex-Chamonix. Il s'agissait de mon objectif principal pour 2007. Bien sur, après mes relatives 'contre-performances' au Tour des Glaciers de la Vanoise (TGV) et au Grand Trail Valdigne (GTV) (voir les articles précédents), j'avais un petit peu les chocottes au moment du départ et même les jours avant. Les prévisions météo, qui allaient en s'améliorant chaque  jour (pas de pluie et température entre 20-25 degrés) m'ont rassurées et c'est très confiant que je me suis rendu ce vendredi 24 août 2007 sur la ligne de départ de Courmayeur. Une bonne connaissance du parcours (2 participations à l'UTMB, une reconnaissance complète du parcours en 2006 et plusieurs partielles les années précédentes) a fini de sceller ma confiance.

Mercredi 22 août, début de soirée. Caroline, Sébastien et Marc courront l'UTMB. Pour moi, c'est une des dernières soirées spaghettis avant ma course.

Nous profitons des nombreuses boutiques de sports de la place pour effectuer quelques menus achats.

Jeudi matin 23 août. La météo a tourné, il fait beau. Le soleil caresse déjà les sommets alors que Chamonix sort de la nuit.

Le Mont-Blanc nous promet de belles, très belles journées.

Le jeudi matin, nous prenons un bus navette de l'organisation pour aller toucher le dossard à Courmayeur. A la sortie du tunnel, surprise: le ciel est moins serein qu'à Chamonix et qu'annoncé par la météo. Je me dis tant mieux, cela gardera la température dans des limites que j'aime. La réception des documents se passe bien. Nous passons le reste de la matinée à nous promener dans la zone piétonne de Courmayeur, dîner spaghettis-bolo et retour à Chamonix. Souper spaghettis (!), dodo et le lendemain matin, nous retournons à Courmayeur pour le départ! J'ai l'estomac (un peu) noué!

Peu avant midi, heure théorique du départ, nous apprenons qu'il est retardé de 15 minutes, des bus amenant les participants étant bloqués au tunnel. Finalement, le départ est donné à 1230. En soit, cela n'est pas trop grave, sauf que l'attente se fait au soleil, sur le macadam. Nous avions décidé de venir assez tôt et c'était une bonne décision. A 0915, quand nous sommes arrivés au départ des bus Chamonix-Courmayeur, nous avons été surpris par la longueur de la file d'attente.

Un petit café avant le départ...

... suivi d'une collation: eau et petit pain (pas de substances illicites...)

C'est parti: à demain à Chamonix pour l'apéro!

004-CCC-FS.jpgPremière montée en direction de Vilair.


J'avais décidé de partir d'un bon pas pour atteindre le plus rapidement possible Arnuva, lieu de la première barrière horaire fixée à 1645. Comme repères, je disposais de deux documents: le premier (DOC I, voir la page feuille de route), élaboré à partir de l'application Excel de Rémi Poisvert  me demandait de me trouver à Arnuva à 1600. Le deuxième document (DOC 2) est du même auteur, mais calcule les temps en fonction de temps réalisés précédemment sur d'autres épreuves. Il me proposait lui de passer à Arnuva à 1627. Pour être dans le juste, il fallait être entre les deux. Et finalement, j'ai passé cette barrière à 1557. A partir de là, je me suis détendu. Je savais dès lors qu'il me suffirait de gérer sagement cet acquis, de ne pas commettre les erreurs alimentaires faites au GTV et que de cette façon, j'atteindrai relativement facilement mon objectif.
  DOC I DOC II Résultat Rang Km
Refuge Bertone 13:32 13:39 13:39 698 4.90
Arnuva 16:00 16:27 13:39 865 4.90


  DOC I DOC II Résultat Rang Km
Refuge Bertone 13:32 13:39 13:42 698 12.4
Arnuva 16:00 16:27 15:57 865 16.7


Le tableau ci-dessus montre l'évolution durant les 16,7 premiers km. On constate une certaine homogénéité entre les trois premières colonnes. Mon étonnement provient de l'évolution du classement. Je n'ai pas eu l'impression de perdre autant de rang sur les 2ème et 3ème tronçon.


007-CCC-FS.jpg
Montée sur le refuge Elena.

Après Arnuva venait le deuxième gros morceau, à savoir l'ascension du Grand Col Ferret. J'étais maintenant  fermement décidé à ne pas faire de folies et à gérer, gérer, gérer. Seule l'envie d'en faire le plus possible de jour m'empêchait de trop me relâcher. La deuxième barrière horaire se trouvait à La Fouly, à 2030, soit encore avant la tombée de la nuit. Passage au Refuge Elena, Grand Col Ferret, descente sur La Peule (ravitaillement liquide) puis la Fouly. La météo est toujours clémente, la température est agréable. Même si mes habits sont un peu humides, rien de comparable avec 2006!!! Cette partie du trajet se passe au mieux et sans encombres.

Un petit replat vers Elena permet de se reposer avant de poursuivre. Au oin, la file des coureurs à l'assaut du point culminant des deux parcours.

Beaucoup de monde arrive, allez, en route!


  DOC I DOC II Résultat Rang KM
Refuge Elena 16:38       19.10
Grand Col Ferret 17:28 18:00 17:34 1006 21.30
La Fouly 18:59 19:40     30.2

Tableau du deuxième tronçon.
Les cases vides le sont quand il me manque les renseignements. On retient surtout que le résultat colle presque parfaitement avec DOC I, tout comme ci-dessous. J'ai aussi constaté sur le terrain que je perdais beaucoup de vitesse à la montée. En témoigne mon classement passant du rang 865 au rang 1006.

La troisième barrière est à Champex-Lac à 0015, le samedi matin. De La Fouly, la descente sur Praz-de-Fort s'est passée sans encombre. Aux Arlaches, j'ai vu je pense 60 nains de jardin devant un mignon chalet. Mais les plus mignons étaient les petits enfants les admirant, ne pr^tant aucune attention aux coureurs!  Les petits savent aussi rêver, mais les rêves ne sont pas les mêmes que ceux des adultes... J'aborde la montée sur Champex alors que la nuit tombe. Bientôt dans la forêt, je dois allumer ma lampe frontale. Nous sommes à nouveau à la montée et de nouveau je me fais fréquemment dépasser. Je suis en train de constater que je n'ai pas assez entraîné la montée cette année. Je ne peine pas vraiment, mais je suis 'lent', poussif. Cette montée est d'ailleurs celle que j'aime le  moins de tout l'UTMB, même avant Bovine. Finalement, voici Champex. J'y arrive vers 2120. J'y retrouve mes accompagnants, venus à ma rencontre. Je me restaure, je complète mes deux bidons de liquide, je change de vêtements. Je suis à mi-course. Je rencontre Sandrine qui est arrivée quelques minutes après moi, elle a de petites nausées et décide de se reposer quelques minutes. Finalement, je repars de Champex à 2152, soit avec deux heures et vingt-trois minutes d'avance sur la barrière. C'est beaucoup, mais je sais que cela peut fondre comme neige au soleil en cas de défaillance. A Champex, je suis 1105ème. Mon classement se dégrade de plus en plus, mais le rang n'est pas mon objectif, qui est bien de terminer en moins de 22 heures si possible.

Bon, je crois que j'ai tout, on peut y aller!

Champex-Bovine: en voilà un gros morceau, appréhendé par beaucoup. Personnellement, je n'ai jamais moins aimé cette montée que celle de Champex. Je passe à Bovine à 0136 et je me m'en rappelle pas trop, sauf qu'il y avait un contrôle. En 2006 (UTMB) j'ai passé Bovine au petit matin (froid-mouillé-neige-brouillard) avec pleins de personnes frigorifiées dans une 'tente' pas adaptée à acueillir un lazaret; cette année, c'était plus tôt dans la nuit (vers 01:36 du matin) et très franchement, il faisait une chouette température, un peu frais sur les hauteurs (...) mais j'ai décidé de poursuivre sans changer de tenue. Après Bovine, il y a encore une courte montée avant d'entamer une assez longue descente sur le Col de la Forclaz et Trient. Selon DOC II, je dois  passer à Trient à 0252 et je passe à 0307, soit avec 15 minutes de retard sur l'horaire. Par contre, je suis passé du rang 1146 à Bovine au rang 1130 à Trient. Pour la première depuis le départ, je repends des concurrents. La montée sur les Tseppes ne fait que 3,1 km, mais à ce stade de la course, elle semble longue, longue, longue... Pour m'aider dans la relative solitude de la nuit, j'ai sorti mon MP3. J'écoute quelques 'Best of de l'été' des Grosses Têtes de Philippe Bouvard, puis du Genesis, le White Album des Beatles... Le jour se lève, le ciel est bleu, quelques nuages accrochent le flan des montagnes. Le beau temps continue. Qu'elle différence avec l'année dernière ou j'avais eu la pluie depuis Elena et pratiquement sans arrêt jusqu'aux Tseppes. Du côté de la descente sur Vallorcine, le terrain est comme toujours très très mouillé. On croirait courir sur une éponge saturée d'eau. Du coup, je me retrouve trois fois sur les fesses, aux endroits les plus boueux, of course. C'est en bonne forme que je passe Vallorcine à 0621, soit avec 29 minutes de retard sur DOC II. A cet endroit, la barrière horaire est à 0800, j'ai donc 0139 de marge. Champex mis à part, je ne passe pas plus que quelques minutes à chaque ravitaillement. Je repars donc de Vallorcine à 0630. J'ai 0530 pour terminer. Il y a queqlues jours, j'ai fais Col de la Forclaz -Chamonix en 0530 avec Marc Hoste. Il y a donc de la marge. De plus, au classement, je suis passé au 1024ème rang. C'est mon meilleur classement de puis le Grand Col Ferret. Depuis Trient, et cela malgré la montée sur les Tseppes, j'ai repris 106 rangs à mes compagnons de route.

Depuis le Col des Montets, le soleil illumine à nouveau les sommets. L'image ne reflète pas la beauté du spectacle (photo qualité Nokia...)

Mais le spectacle en valait la peine. Quand je pense à tous ces campeurs qui dormaient encore...

La dernière partie, entre Vallorcine et Chamonix est bien plus facile que l'année dernière. Bien sûr, j'ai 72 km de moins dans les jambes, la météo est au beau fixe. Le soleil accroche les montagnes enneigées et le spectacle de la vue depuis le Col des Montets vaut l'effort à lui tout seul. Bien sûr, il serait plus facile de dormir au Montets et de se lever tôt pour admirer le spectacle... Voilà Argentière que je passe à 0736, avec 36 minutes d'écart (retard) sur DOC I et 17 sur DOC II. Mais j'ai encore repris 51 rangs. Qu'elle pêche!!! Je commence à regretter de ne mettre pas aligné sur l'UTMB... '-). Pas de douleurs, pas sommeil, j'entrevois déjà le sérieux panaché qui m'attend à Chamonix... Ou j'arrive à 0925 après 20h54mn01s. Soit avec une réserve de 3h5mn59s. Entre Vallorcine et Chamonix, j'ai dépassé 67 concurrents. Je suis très très content de ma 'performance'. Les semis échecs du TGV et du GTV ne sont plus que de lointains souvenirs...


Hop, hop, hop, un petit sprint pour l'arrivée. Mais quelle pêche, je n'en reviens pas! C'est ce qui s'appelle être au pic de forme au temps T!

Je reçois le maillot de Finisher, avec une fierté légitime! Heu-reux!!!

Les retrouvailles en famille.

Comme prévu, dès la ligne passée, je m'engouffre dans le premier restaurant venu, et en compagnie de mes accompagnants, je bois le sérieux panaché tant attendu. Dans ce bistrot, je retrouve Yvan Feliers, copain belge de Marc Hoste. Il a fait une heure de moins que moi et est déjà douché!

J'ai une petite soif, tonnerre de Brest...

017-picnic.jpg
Le lendemain, pic-nic avec les amis sur les hauteurs.

019-Fondue.JPGEt le soir, fondue (Suisse!) pour (presque) tout le monde! Avec du Fendant.

Très bonne fondue (vacherin fribourgeois et Gruyères). Le garçon qui nous a servi ne connais la pub de l'Union suisse du fromage: LA FONDUE CREE LA BONNE HUMEUR!!!

Et le lendemain, encore une dernière excursion avant de rentrer à la maison. En face? Le Mont-Blanc, évidemment!

Le lac du Brévent, perdu dans un univers presque entièrement minéral...

... au milieu duquel on trouve de la vie!

Dernière photo avant la descente!

Concernant l'alimentation pendant la course, je me suis contenté de ce qui est fourni par l'organisation, plus une dizaine de gels Energix, Red Tonic et Coups de Fouet. J'ai également pris des gélules homéopathiques censées lutter contre les maux d'estomac. Quelques tablettes anti-crampes et voilà, tout s'est bien passé.

Au niveau du matériel, quelques nouveautés: les Asics Trabucco, de nouvelles chaussettes X-Socks, chères mais formidables (pas la moindre petite cloque) et surtout une nouvelles frontale, la LED LANSER de optoelectronics. Pour le dossard, nouvelle méthode: fixation de velcros sur la sangle ventrale du sac, l'autre composant est agrafé sur le dossard. Plus de soucis lors du changement de t-shirt.

A bientôt

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Published by Jean-Louis - dans running
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