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19 juillet 2007 4 19 /07 /juillet /2007 08:56
Bonjour,

je désire vous parler un peu plus de GTV - Gran Trail Valdigne que je suis allé faire le 14 juillet dernier (2007). C'est mon camarade coureur des cimes Marc Hoste qui m'en a parlé la première fois il y a quelques temps. Au début, je n'étais pas trop chaud, car il s'agissait de la première édition de ce trail, avec une nuit à passer dehors. Finalement sur l'insistance de Marc (il sait y faire, le bougre et pas seulement avec moi...), je m'y suis inscrit. Cette course est alors entrée dans mon 'plan des dernières dix semaines' d'avant la CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix).

La 'Valdigne' est la vallée ou se trouve Courmayeur (Val d'Aoste).

Voici le profil de la course. Attention, les distances kilométriques sont fausses (il manque 14 km en tout!!!)

Vous trouverez un plan du parcours et d'autres renseignements en cliquant ici.


Jeudi 12 juillet 2007.
Le voyage.

Le week-end a été intense et plein de cocasseries. Me voilà donc sur le quai de la gare de Marin-Epagnier en ce jeudi en fin de journée. Le régional pour Berne attend un direct croiseur. Dans quelques minutes doit arriver le train qui m'amènera à Neuchâtel ou je dois prendre la correspondance pour Genève Aéroport. Mais après quelques minutes d'attente, pas de train. La gare de Marin n'est plus desservie. Je vais alors dans le réduit puant servant de salle d'attente ou se trouve une borne par laquelle on peut demander des renseignements à la plus proche gare desservie. On m'y apprend que le train a été supprimé, il y a des travaux sur la ligne. Je reproche à l'interlocuteur de n'avoir pas fait d'annonce et je pars sans traîner. Il faut qu'on me conduise en voiture à la gare de Neuchâtel. Ce qui est fait. Au moment où j'arrive sur le quai, le direct démarre. J'étais en retard, le train aussi, mais pas assez pour combler le mien... Il est environ 21 heures et si la salle des guichets est encore ouverte, c'est que plusieurs personnes ne sont pas encore servies. En effet, dès après mon passage (je voulais savoir quel serait le prochain train), les guichets sont bouclés! Aux CFF (Chemins de Fers Fédéraux), les employés se couchent avant les poules, semble-t-il. Le problème est que j'ai rendez-vous à Genève avec Marc. On doit ensuite prendre une voiture de location en secteur français puis rejoindre Courmayeur ou nous devrions arriver vers minuit. On aura une heure de retard: y aura-t-il encore quelqu'un à la réception de l'hôtel? Finalement, on y arrive et on nous donne nos chambres. C'est un bref résumé. Je sais, ce n'est pas le sujet, mais un coup de gueule fait aussi du bien. C'est une saine colère, Monsieur!!!

Vendredi 13 juillet 2007.
Les reconnaissances.

Dès le lever au matin, le ciel est bleu immaculé. L'hôtel est très bien avec cependant un bémol d'importance: à trois mètres de la fenêtre de ma chambre passe un torrent en furie en raison de la fonte des neiges tombées ces jours derniers encore. Boules Quiès obligatoires!!! Sinon, il est super bien placé, à mi-chemin entre le centre de Courmayeur et le centre sportif de Dolonne.

Sur la terrasse de l'hôtel.

Le torrent qui passe juste devant la chambre.

Après le petit déjeuner, nous sommes partis en reconnaissance. Il s'agissait de voir les endroits ou nous pourrions voir la personne qui nous a accompagné sur le périple pour nous servir d'assistance. Nous nous sommes d'abord rendu à Morgex. Cette charmante petite ville sera le point médian  de la course.

L'église de Morgex.

L'ancien lavoir de Morgex.

Je vous conseille de visiter les liens des endroits traversés, cela en vaut la peine. Nous sommes en suite montés à Planaval.

Planaval. Il y aura ici un ravitaillement, puis nous partirons au fonds de ce val avant de prendre à droite.

Chemin faisant, nous sommes passés par La Salle qui sera aussi une étape de la course.  Puis nous sommes rentré sur Courmayeur pour le repas de midi. Le temps est magnifique, la température pas (encore) trop chaude. Après le repas, nous sommes allé chercher nos dossards et passer le contrôle du matériel. Nous avons la désagréable surprise de constater que le parcours fera 84 km et non pas 70 comme indiqué (aujourd'hui encore...) sur le site Internet. 'Ils' ont oublié de compter les virages... Le dénivelé reste le même (ouf), mais les barrières horaires aussi. Je ne suis pas trop étonné car il s'agit de la première édition... et puis, c'est l'Italie... (attention à ne pas trop plaisanter avec cela avec les Valdotains!!). La fin de la journée à été occupée à peaufiner les préparatifs, à une dernière assiette de spaghettis bolo le soir, puis dodo.

Perplexes devant le nouveau kilométrage...

Samedi 14  juillet 2007.
La Course. Le départ

Le départ étant fixé à 1000 sur la place de l'Ange, en plein milieu de Courmayeur, nous n'avons pas du nous lever trop tôt. A 0930, nous sommes sur place, la température est déjà élevée et c'est un peu ma crainte pour la suite.

Pointage des concurrents avant le départ.

Animations folkloriques.

Déjà, on cherche de l'ombre.

Tiens, tiens, l'attachée de presse-coach-sherpa-chauffeur-logisticienne...

Beaucoup de monde sur la place de l'Ange pour assister au départ.

Je suis en forme et motivé. J'ai confiance, même s'il fait déjà trop chaud (à mon goût).

Première étape: Courmayeur (1224 m) - Col Licony (2670 m) - 8 Km.
Enfin le départ est donné. Nous partons tranquillement pour la première étape. Nous montons rapidement sur le hameau de Villair (nous le traversons aussi à l'UTMB) et assez rapidement nous bifurquons pour le Col. La montée de 8 km est assez raide et rude, il y a 1446 mètres de dénivelé dans cette tranche.
Le pourcentage moyen est de 19%.

Mais le paysage est grandiose.

Nous y trouvons un poste de contrôle, le premier. Au sommet nous sommes accueillis par des bénévoles on ne peut plus charmantes!

Et à la montagne, il n'y a pas que la nature qui vaut le coup d'oeil... (ici, une bénévole).


Pas vrai?

Deuxième étape: Col Licony (2670 m) - Piginière (1669) - Planaval (1750 m) - 10 km.
La montagne, c'est monter pour descendre et descendre pour remonter. Cela me fait penser à l'aRmée (attendre pour courir et courir pour attendre). Mais à l'armée on N'aurait jamais accepté de faire le 10% de ce que nous entreprenons aujourd'hui! Nous longeons donc le Lac Licony, au bord duquel des personnes font bronzette et d'autres campent. Peu de monde, mais il faut dire que le beau temps vient d'arriver, en même temps que nous, d'ailleurs.

Le Lac Licony.

Descente en direction de Piginière.

Ensuite, nous atteignons bientôt Piginière puis nous effectuons une petite montée sur Planaval. LÀ nous attend un nouveau contrôle et surtout un ravitaillement solide. Nos amis valdotains ont bien fait les choses: fromage, saucisson, viande séchée, pain, biscuits salés, bouillon, chocolat, barres de céréales et j'en oubIle, sans parler des boissons: eau, coca, boisson énergétique, etc. Et le plus important: une serviabilité rarement rencontrée jusqu'à maintenant, une gentillesse et des sourires sans compter.
On ne regrette pas d'être venus.

Un p'tit verre, ça fait du bien!

Le stand de ravitaillement de Planaval.

J'ai changé de t-shirt (je me suis trompé, j'ai pris ceux sans manches...) Nous repartons de Planaval.

Troisième étape: Planaval (1750 m) - Tête Fetita (2623 m) - 8 km.
Après m'être sustenté, je change encore rapidement de t-shirt, puis nous repartons. Pour l'étape suivante. Le terrain devient plus rude. Auparavant, entre Licony et Planaval, nous avons surtout fait de petits sentiers, souvent en balcon. Les paysages sont magnifiques et la faune alpine est au top. J'ai d'ailleurs rarement vu autant de fleurs et autant de variétés aussi. Nous croisons les premiers abandons, dus la plupart du temps à des maux d'estomac ou à des douleurs aux genoux. A son habitude, Marc salue chaque personne rencontrée. Moi, je salue celles qui croisent mon regard, celles qui baissent la tête ne savent pas ce qu'elles perdent...

Début de la montée sur la Tête Fetita; déjà au loin, Planaval.

Dans le vallon des Ors, nous avons droit à un point d'eau et je commets peut être l'erreur d'en boire, elle est très froide...

Ci-dessous, le vallon des Ors.

Juste avant le sommet, une portion de chemin se révèle est dangereuse et mériterait une main courante; il faut rester hyper concentré et avancer tout doucement. Les derniers 200 mètres se font carrément sur la crête, il n'y a plus de chemin. Marc à de la peine à me suivre, du moins c'est que je pense. Il me dira plus tard qu'en fait, c'est moi qui allait trop vite... Comme partout sur les endroits 'stratégiques' du parcours, il y a des bénévoles qui sont là. C'est quand même super sympa quand tu es en train d'avaler un becquet à 25%, d'entendre au dessus de toi de juvéniles et jolies voix féminines t'encourager avec des 'allez Marc', 'daïe, daïe, Jean-Louis'! Ce sont les bénévoles d'en bas qui ont avertit ceux d'en haut de ton arrivée, ceux du haut te repère aux jumelles (n° de dossard) et t'encouragent. Un contrôle se trouve sur la Pointe Fetita.

Et voilà la Pointe fetita, qu'il faut gravir!

Marc me suit de près.

Et ici aussi, les bénévoles nous acceuillent evec plein d'entrain.

La Valdigne, vue de la Pointe Fetita.


Quatrième étape:  Tête Fetita (2623 m) - La Salle (974 m) - 10 km.
En voilà une belle descente: 1649 mètres de dénivelé négatif! Attention aux articulations! Nous suivons d'abord les crêtes.

En équilibre sur les crêtes!

 Normalement, nous aurions dû avoir un point d'eaux au col de Bard, à 2176 m. Nous ne l'avons pas vu. Il est certainement remplacé par celui que nous trouvons dans hameau de Charvaz. De toutes façons, nous avions assez d'eau pour joindre sans encombre le village de La Salle. Par contre, la chaleur augmente, elle doit être proche des 30 degrés. Il me tarde que le soleil se cache un peu derrière les montagnes car je constate que j'ai mal géré mes t-shirt et que je n'ai que des 'camisoles' sans manches. Mes épaules commencent à rougir...

Au ravitaillement de Charvaz. Les autochtones sont très ouverts et on peut facilement parler avec eux.

Le ravitaillement de La Salle...

... et son église!

Cinquième étape:  La Salle (974 m) - Morgex (939 m) 5 km.
Cette étape est en fait une demi jonction entre les deux côtés de la vallée. Longue de 5 km, elle se fait sur le fond de la vallée, principalement sur le goudron. Qui chauffe, qui chauffe... Morgex constitue avec 41 km presque la moitié du trajet, mais moins de la moitié du dénivelé positif (il y aura environ 450 m de D+ sur la deuxième moitié). Nous arrivons donc à Morgex, à partir de là, on entre dans le classement. Nous n'y pensons même pas et nous repartons avec confiance. Il est environ 19h30 et nous avons encore 2h30 d'avance sur la barrière horaire, ce qui est beaucoup.

En repartant de Morgex.

Sixième étape:  Morgex (939 m) - Pré St-Didier (1039 m) (5 km)
C'est la deuxième moitié de traversée du fond de la vallée, également de 5 kilomètres, à priori faciles. A un km de ce point d'eau, mon estomac se révolte. D'abord, c'est une petite gêne, sans gravité. Mais au village, je suis obligé de m'asseoir. J'ai presque envie de vomir. Finalement, je vais aux toilettes, mais je ne vomis pas. Juste une petite selle, bien moulée, donc pas de diarrhée.

Septième étape:  Pré St-Didier (1039 m) - Arpy (1670 m) (6 km)
Nous repartons et Martine me dit que j'ai les lèvres blanches. Au bout de quelques hectomètres, Marc me dit que j'ai les lèvres violettes. Aie, aie et aie. Nous commençons la montée. Je n'ai plus de maux ventraux, par contre, je n'ai plus d'énergie. Après deux km, je constate que nous aurions dû en faire trois. Je dois reprendre mon souffle fréquemment. Et je me met à ... bailler. Mon corps ne veux plus, il faut l'écouter. J'aurais pu rester me reposer une heure à Pré St-Didier, mais alors je me serais retrouvé en queue de peloton. Tiens, je ne me suis jamais demandé s'il y avait un serre-file en fin de peloton... Après une petite discussion avec Marc, je décide de jeter l'éponge et je redescends sur Pré St-Didier ou je retrouve l'assistance qui me ramène à l'hôtel.

A cause de cet arrêt prématuré, il me manque le récit des étapes 8 à 11.  Cela sera pour l'année prochaine!!! En voici les titres, à compléter.

Huitième étape: Arpy
(1670 m) - Col de la Croix (2381 m) (7 km)

Neuvième étape:
Col de la Croix (2381 m) - La Thuile (1441 m) (5 km)

Dixième étape: La Thuile (1441 m) - Col de l'Arp (2571 m) (10 km)

Onzième et dernière étape: Col de l'Arp (2571 m) - Courmayeur (1224 m) (10 km)


Arrivé à la chambre, bizarrement, je n'ai pas sommeil. Je défais mon sac, je trie mes affaires selon leur état, je me douche et je soigne quelques cloques (les Belges disent cloches). Je n'arrive pas à dormir... et je demande des nouvelles à Marc par SMS. Puis je ferme mon portable et je sombre dans un demi sommeil peuplé de réflexions dont le thème est 'pourquoi ces maux de ventre?'. Vers cinq du matin, ne dormant pas, j'enclenche à nouveau le GSM. Marc est passé à La Thuile à 2h10. Une rapide estimation me fait comprendre qu'il arrivera à Courmayeur entre 7 et 8 heures, soit l'heure prévue pour mon petit déj. Je me lève donc et je commence par finir (!) ma valise. Puis je pars à la rencontre de Marc, en direction du Col d'Arp. Tout de même un peu fatigué et sans doute par la force de l'habitude, je prends la direction du Col Chécrouit, alors que le bon chemin est de l'autre côté de la rivière. Il me faut un bon moment pour me dire que 'c'est bizarre, cette absence de fléchage'. Après environ deux km de montée, je rejoins la piste de ski qui vient de Chécrouit et que je connais bien, puisque je suis en train de faire le trajet inverse de l'UTMB. Je stoppe ma progression et je redescend précisément par cette piste de ski. Et effectivement, après 10 à 15 minutes de descente, je retrouve le bon chemin et j'entame une deuxième montée, la bonne cette fois.

Au petit matin, à travers le vieux Dolonne. De petits lumignons ont été placés le long du chemin.

Je croise quelques concurrents qui en finissent (ils sont à 15 minutes de la délivrance). Je me fais engueuler par un couple quand ils apprennent qu'il reste un quart d'heure. A cause de ma micro polaire rouge, sans doute m'ont-t-il pris pour quelqu'un de l'organisation (le t-shirt du staff est rouge, à la couleur d'un sponsor). Enfin, voilà Marc. Il m'a l'air en bonne forme, il descend en trottinant avec légèreté.

Et soudain, au détour d'un chemin...

Chemin faisant (pan-pan) (les adeptes des Grosses têtes comprendront...), nous discutons de sa nuit et nous arrivons tranquillement à l'arrivée. Marc est tendrement accueilli. Nous nous remettons de nos émotions et allons nous restaurer à l'intérieur du centre sportif; mais il n'est pas encore venu le moment de traîner: nous sommes dimanche et nous repartons déjà aujourd'hui. Avant cela, il faut rétablir l'homme, rendre les chambres et assister à la remise des prix.

Un dimanche matin à 0700, un groupe de villageois accueille les coureurs avec l'accordéon... Décidément, on sait encore vivre dans cette région!

Plus que cents mètres...

Il en a encore sous la semelle, la preuve par un beau sprint final!

Est-ce des heures pour rentrer?

Interview.

A dix heures nous voilà donc de retour au centre sportif. Discours, bla-bla habituel, remise des prix. Dans l'article précédent, je vois ai présenté Marco Olmo, le grand vainqueur, qui à également remporté l'UTMB l'année passée. Je vous ai aussi présenté l'ami Marc qui non seulement à vaincu le GTV, mais en plus à remporté sa catégorie! Et en premier, à la surprise de lui-même!

Ceci est une grolle et c'est le prix remis aux vainqueurs des catégories.

Si vous voulez en connaître l'usage, cliquez ici, il y a aussi des recettes pour son utilisation.

Et voici la première dame scratch, Kim Gaylord (USA) en 13:33:47: chapeau bas!

Notre champion à nous, un peu ému!

Le comité à aussi droit à notre reconnaissance; pour une première, c'est un coup de maître! Merci!!!

Eh bien voilà, la fête est finie et elle fût belle!

Après cela, nous prenons l'apéro à notre hôtel et nous prenons le chemin du retour. Sur celui-ci, rien de spécial à dire. Ah si! Mon train Genève Aéroport-Neuchâtel était en panne! Tout comme la caisse enregistreuse du wagon restaurant!!! Quand au train Neuchâtel-Marin... il avait été supprimé. La quadrature du cercle, quoi. La routine... On si fait... Tout fout le camp, ma bonne dame.

Si Dieu devait habiter sur terre, celà serait certainement ici...

Notre séjour fût court, mais on reviendra, promis!!!

A bientôt pour de nouvelles aventures!!!

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Published by Jean-Louis - dans running
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