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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 13:59
Bonjour,

je ne sais pas comment c'est chez vous, mais ici la chaleur est intenable. A cette heure
(15:17), il fait 32.1 à l'ombre à Berne. Depuis quelques temps, je constate une baisse
de la fréquentation du blog, j'espère que cela est seulement une variation saisonnière.

Vendredi dernier, je suis parti avec quelques amis français et belges faire une
reconnaissance du parcours de l'UTMB sur trois jours (en fait environ 60 heures).

Nous avions décidé de partir des Houches (8 km plus loin que Chamonix) car lorsque
nous avons organisé ce périple, il y avait encore de la neige sur certains cols. Il
s'agissait donc de grappiller un peu de temps ici pour pouvoir patauger plus longtemps
dans la neige. Fors heureusement, entre deux la neige à fondus et nous n'avons eu
qu'à traverser un ou deux petits névés.

Nous avons donc commencé par le Col de Voza, mise en bouche commencée le
vendredi 14 juillet à 0400. La nuit fût courte, surtout que le logis ou j'ai passé la nuit
n'était pas loin de la place de la commémoration de la fête nationale. Et à onze
heures, enfin endormi, voila que les feux d'artifice et autres pétards se mettent à
exploser. Bah, finalement, le manque de sommeil sera aussi un élément à gérer
durant l'UTMB. Autant apprendre tout de suite!

Arrivé au col de Voza, le soleil s'est levé. Le ciel est bleu, lavé par les orages de hier
soir. Nous poursuivons notre route en direction des Contamines. Vers la Gruva, nous
faisons 5 minutes de pause, un participant offre des cacahouètes salées. C'est vrai
que cela change des gels, barres et autres boissons sucrées. J'en prends et c'est
peut être une erreur. Nous verrons plus tard pourquoi.
Une petite pause vers la Gruvaz.
Nous arrivons aux Contamines à 0730. Certains se rendent à la boulangerie pour s'approvisionner. Il est vrai qu'avec une diane à 0300 (je n'arrive pas à manger au saut du lit
à des heures pareilles), l'heure est déjà avancée. Après une courte pause (20 minutes quand même) , nous repartons. Il s'agit de ne pas lambiner, le but est encore loin (Col Chécrouit).

Nous arrivons à notre Dame de la Gorge à 0825 et là, nous faisons une 'longue' pause 25 minutes) , avec pain, fromage et saucisson. Cela fait maintenant 4 heures et 25 minutes
que nous sommes parti et par rapport à un jour 'normal', il serait presque l'heure du repas
de milieu de journée. Voilà un élément dont je me suis rendu compte plus tard, trop tard.

De droite à gauche Jean-Paul (Marseille), Jérôme, Nikolas (Lille), Michel (Versailles) et
votre serviteur, devant Notre-Dame de la Gorge.

Casse-croûte improvisé: pain, saucisson, fromage, eau et coca! Je n'ai jamais autant bu de coca que durant ces trois jours

Après cette pause, il temps d'attaquer la deuxième grimpée de la journée: le Col du
Bonhomme (dénivelé: environ mille mètres). Pour le moment, tout se passe bien. Avec mon
nouvel amis belge, Marc, nous faisons une petite halte au chalet de la Balme, et enfin nous arrivons au col.

Sur le chemin du refuge de la Balme.

Le Col du Bonhome.

Une fois le col franchit, il y a encore quelques centaines de mètres jusqu'au refuge de la
Croix du Bonhomme. Les premiers nous y attendent déjà. Encore une pause et je commets
là une erreur qui me coûtera cher plus tard: au lieu de me restaurer d'une bonne soupe
comme d'autres l'ont fait, je préfère ne pas m'éterniser ici et je compte manger aux Chapieux.
C'est en arrivant à cet endroit que je suis pris de violentes douleurs à l'estomac.
Heureusement, il y a un restaurant et donc des toilettes. J'ai malmené mon estomac,
qui est maintenant vide et je ne peux rien avaler!!! Aie aie aie! Et il me reste une vingtaine
de km à faire avant l'étape, avec la montée au Col de la Seigne, puis encore l'arrête
Mont-Favre! Il va falloir du mental!

Rien que le trajet entre les Chapieux et La Ville-des-Glaciers (non assez surréaliste) est un calvaire: 6-7 km montant presque tout droit sur une route goudronnée (heureusement sans
trop de circulation) et sous le soleil. Marc m'attend à la Ville des Glaciers. J'essaie de
manger une barre vitaminée, rien à faire, je suis dégoûté. Commence alors un vrai calvaire. Jamais, jamais dans ma vie je n'ai dû donner autant de moi-même pour avancer, même
durant mes 482 jours dans l'infanterie. Malgré tout, tant bien que mal, j'arrive au col de la
Seigne. Heureusement, j'arrive à boire un petit peu et aussi à ingurgiter un peu de gel, à
petites doses.

La descente jusqu'à Elisabeta se passe pas trop mal et j'arrive même à courir dans la
descente et au plat (si, si, il y en a). Soudainement, c'est une envie de vomir qui me prend.
Je reste environ 5 minutes au bord du chemin et d'un seul coup, cela va mieux: plus de
maux d'estomac. Mais je n'ai plus de forces non plus. J'arrive quand même à trottiner
dans la longue droite du Lac Combal. Deuxième calvaire, la montée à l'arrête du Mont-
Favre. Il doit être environ 19 heures et j'espère que les autres ne se feront pas trop de
soucis. Il est vrai qu'à ce moment-là, je suis persuadé qu'au moins deux autres person-
nes sont derrière moi, puisqu'elles ne m'ont pas dépassé! La montée jusqu'à l'Alpe
Inférieure ne va pas trop mal. Mais l'Alpe Supérieure, je ne la vois pas arriver. Comme
je n'ai plus d'énergie, le coeur compense en envoyant beaucoup d'oxygène aux muscles,
ce qui entraîne un déficit respiratoire m'obligeant à de fréquents micro-pauses. Enfin,
j'arrive quand même au sommet et il ne reste que 3-4 km jusqu'au refuge ou j'arrive
vers 21 heures. En fait, les deux personnes que je croyais être derrière moi sont la
depuis longtemps, elles ont fini de manger. Elles ont été récupérées par un véhicule
le long du lac Combal. Mon estomac se remet et je prends un léger repas avant la
douche puis dodo. La nuit fût assez peu reposante, à cause de la scierie qui se trouvait
dans le 'dortoir' même.

Fin du premier jour: 60 km, 4'500 mètres de dénivelé positif en environ 17 heures avec
3h15 d'arrêt. Il est vrai que nous avons pas mal lanterné en route, mais il s'agissait
d'une reconnaissance sans barrières horaires véritables. Pour ma part, une partie
des arrêts fût la conséquence de ma petite gastro. Mais maintenant je sais jusqu'ou
je peux aller!

Le déficit de photos sur la dernière partie de cet article est dû à ma déficience
physique: je n'avais plus la force et le courage de manipuler mon appareil. Je
vais voir si je peux compléter avec des photos de mes amis.

A bientôt (pour le deuxième jour)

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Published by Jean-Louis - dans running
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