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9 juin 2006 5 09 /06 /juin /2006 21:14
Bonjour,

samedi dernier, soit le 3 juin 2006, j'ai fais le trail les "66 du Doubs". Cette course se déroule
dans le canton du Jura, plus précisemment dans la région "Le Clos du Doubs". C'est une très belle région, très vallonée et à découvrir. Il existe un parc naturel du Doubs. L'endroit est parsemé de charmants petits villages et de fermes cossues et fleuries. Les bonnes, voire très bonnes auberges ne manquent pas. St-Ursanne, qui porte le titre de ville est l'attraction historique principale de la région.

Quelques athlètes s'échauffent à l'entrée de la ville.

Le trail se déroule sur un parcours de 64 km de chemins et routes, sur un circuit dévolu en
principe à la randonnée. Des amoureux de la course à pied y ont donc 'collé' un trail. Au 64
km, il faut ajouter 2'090 mètres de dénivellé positif et autant de négatif, le parcours
s'effectuant sur une boucle. Le tout fait donc environ 85 km effort.

Le profil de la course. Pour en avoir une meilleure vision, cliquer ici.

Comme déjà dit, les paysages sont fantastiques. Le parcours passe plusieurs fois d'une altitude de 430 mètres (altitude de la rivière) à 900 mètres et plus (maximum: 940 mètres).

Au moment du départ, à 08h30, le temps paraît être bouché. Mais il semble qu'une certaine et relative douceur est déjà là: il faut savoir qu'il pleut depuis presque un mois, sans discontinuer. Nous sommes avertis: certaines portions sont grasses, très grasses.

Cette épreuve à un avantage: le nombre de participants est très restreint, bien qu'il existe plusieurs catégories (relais à deux, relais à quatre, excursions familiales et l'épreuve reine: le Défi). Il y a certainement une volonté des organisateurs de ne pas drainer trop de monde, pour des questions de coûts, de bénévoles, etc. Mais je trouve quand même dommage de mettre sur pieds une telle organisation pour une quarantaine de concurrents seulement (pour le défi de 64 km).



L'aire de départ; il y a encore de la place...

Avec si peu de monde, on se sent moins stressé que parmi mille ou deux mille autres bipèdes. Mais parfois, surtout vers la fin, on se sent un peu seul... surtout si  on est en queue de peloton!

Mais n'anticipons pas! Nous partons donc à 08h30et immédiatement on monte! Si comme moi
on cherche plus à finir le tour qu'à faire un chrono, on a au moins pas besoin de s'échauffer. J'empoigne immédiatement mes bâtons et au premier planté, j'entends un bruit de sucion: la partie inférieure du bâton est restée scotchée dans la boue, dévissée. Voilà déjà une minute perdue à réparer. Mais heureusement, l'engin n'est pas hors d'usage. Aux environs de 800 mètres d'altitude, nous perçons la couche de brume et voilà un beau soleil. La chance est avec nous, pourvu que cela dure.

Cette première partie, à travers forêts jurasiennes et paturâges se passe bien et j'arrive au premier poste, à Seleute, dans les temps que je m'étais fixé (j'ai fais une estimation toute relative et surtout pas très scientifique). J'avais estimé passer à Seleute à 09h37 et c'est exactement à ce moment là que j'en repards après avoir parlé queqlues minutes avec les bénévoles du poste (ravitaillement). Depuis Seleute, nous remonttons en direction de la frontière française, jusqu'à Montvoie, puis nous redescendons vers la rivière, à La Motte. Enfin c'est Ocourt, au km 18, deuxième ravitaillement et première barrière horaire. Celle-ci est fixée à 1130 et j'en reparts à 10h53, conformément à mon plan de marche. Pour l'instant, tout va donc bien, mais la machine ne va pas tarder à se gripper.

Parlons un peu du Doubs: cette rivière prend sa source à Mouthe, dans le département français du Doubs. A un moment donné, elle marque la frontière entre la France et la Suisse, sur quelques dizaines de kilomètres. Elle passe la frontière à Brémoncourt (France, effectue un crochet dans le canton suisse du Jura, sur environ 20 km et ressort de la Suisse à Goumois (Suisse), après avoir effectué une jolie boucle sur territoire hélvétique. A ce moment, sa direction a changé et la rivière semble vouloir retourner en arrière. Et c'est bien se qu'elle fait puisqu'elle va se jeter dans la Saône à Verdun-sur-le-Doubs.  La Saône allant se jeter dans le Rhône, toute cette eau qui semblait d'abord vouloir partir vers le Rhin choisit finalement le Rhône (qui prend sa source un peu plus à l'est, en Suisse, presque au même endroit que le Rhin) et donc la Médittérannée: question de préférence pour le climat, sans doute!


Les eaux sont hautes, il a plu tous ces derniers jours. C'est un paradis de  la truite!

En repartant d'Ocourt, j'avais l'intuition que cela serait moins facile. L'impression est la bonne. J'arrive à Epiquerez avec 10 minutes de retard sur mon plan de marche. Bien sûr, cela n'est pas grave du tout, mais cela signifie quand même que j'ai perdu presque 45 minutes depuis le poste précédent. Depuis Epiquerez, nous longeons de nouveau la frontière. Nous arrivons (enfin, j'arrive, parce que je suis un peul esseulé) à Soubey. Il faut que je vous dise que j'ai vu un des concurrents partir à pieds nus de St-Ursanne. Il n'a d'ailleurs rien d'un coureur si ce n'est un t-shirt de finisher du 'Alpine marathon' de Davos (http://www.alpine-davos.ch/cms/index.php?uebersicht). Et bien, il est là, discutant avec les bénévoles du ravitaillement. Je dois dire que cela me démoralise un peu de voir un gars de mon âge environ, sans équipement et devant moi! Surtout que certaines zones, dans la forêt, par exemple, ou encore aux alentours des fermes, là ou les vaches ont foulé le sol, il y a de la boue ou l'on enfonce de plusieurs centimètres, mélangée à la bouse: je suis bien content de mes mini-guêtres.

Personnellement, je suis obligé de prendre du linge de rechange, car en courant, je transpire beaucoup. Ce n'est pas d'être 'humide' (on ne parle jamais sèchement à un Numide) qui me gène. Mais on attrape facilement froid et la température n'est pas caniculaire, même s'il fait beau. Je profite donc de la mi-course pour me changer et mettre du sec. Evidemment, transporter ce matériel, des gels, etc. me donne quelques kilos de plus à traîner que la plupart des autres participants. Mais je tenais à faire la course dans des conditions se rapprochant le plus possible de l'UTMB. Je perds donc environ 15 minutes à me changer. C'est assez long, mais il n'y a pas d'endroit pour ce faire et je commence à avoir des crampes: il est donc difficile de se changer dans ses conditions. Au moment où je repars, j'ai certainement 45 minutes de retard sur la barrière horaire. Mais heureusement, on ne nous arrête pas. Malgré tout, je suis quand même assez satisfait de savoir qu'il y a 5 ou 6 autres personnes derrière moi. On court maintenant le long du Doubs sur environ 6 km. Les portions de goudron deviennent plus nombreuses et c'est l'un des deux bémols que je mettrai sur cette belle course (l'autre étant la sévérité des barrières horaires). Il faut maintenant remonter jusqu'à Epauvillers, à 696 mètres. Cette montée est un peu moins rude que les précédentes. Heureusement, car je commence à caler un peu. Nous sommes 4 ou 5 à nous dépasser les uns les autres en queue de course. Un concurrent que je n'avais pas encore vu jusqu'à maintenant a rattrapé ce petit gruppetto et je serai avec lui sur environ 18 km avant qu'il me lâche. Entre-temps, nous somme redescendu vers le Doubs avant d'attaquer la dernière double bosse. Parti de 440 mètres, nous remontons jusqu'à 929 mètres sur 6km, on redescend à 800 mètres pour monter une dernière fois à 940 mètres. Il reste encore à longer les crêtes jurassiennes sur 2 ou 3 kilomètres avant de plonger sur St-Ursanne. Je passe l'arrivée à 19h36m57s, soit avec 36 minutes de retard. Ce qui signifie que sur la fin, j'ai rattrapé un peu de mon retard. Deux concurrents finiront derrière moi, dont l'un, je l'apprendrais plus tard, sera emmené à l'hôpital pour des problèmes cardiaques. Je suis bien sûr un peu déçu de ne pas être rentré dans les barrières horaires, mais le but de la journée, qui était de faire le tour sans séquelles et dans des conditions s'approchant de celles de l'UTMB est atteint.

A bientôt

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Published by Jean-Louis - dans running
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